''Le silence aide les tueurs mais jamais les victimes." Elie Wiesel
LE DARFOUR, CE SONT DES ENFANTS DE 10 ANS QUI PARTENT AU COMBAT AVEC UNE ARME ET DES CENTAINES DE MILLIERS DE MORTS.
Dans l'indifférence générale, les populations africaines soudanaises du Darfour sont victimes depuis près de 3 ans du 1er génocide du XXIe siècle. Pourtant, chacun d'entre nous peut agir.
Pour réprimer des petits groupes rebelles, issus des populations africaines noires, majoritairement cultivateurs du Four, Massalit et Zaghawa, le gouvernement de Khartoum, arrivé au pouvoir par la force, soutien et utilise des milices nomades arabes.
Bilan : 300 000 morts, plus de la moitié des 6 millions d'habitants que compte la région ont besoin d'assistance alimentaire, dont 2 millions de personnes déplacées dans la région et 250 000 réfugiés aux frontières (Tchad et Centrafrique). Massacres, viols, exodes forcées, une économie locale et une agriculture réduites à néant sont les ingrédients de la déstabilisation de toute une partie de l'Afrique.
Comment en est-on arrivé là ?
Historiquement, de confession musulmane en majorité, les africains et les arabes du Darfour coexistaient, mariages mixtes et affrontements pour les ressources en toile de fond.
Le gouvernement de Khartoum se préoccupe d'autant moins des problèmes fonciers du Darfour étant donné que c'est un régime autoritaire, arrivé au pouvoir par un coup d'état à la fin des années 1980, soutenu par les frères musulmans, et imbriqué dans des logiques religieuses et tribales.
La situation au Darfour pourrait s'apparenter à une énième crise du pays le plus grand du continent africain qui oppose le centre lointain de Khartoum à ses périphéries où vivent des populations marginalisées par les régimes successifs.
Mais il s'agit bien d'un véritable génocide puisque l'intensification des affrontements pour les ressources s'est transformée en une extermination systématique des populations africaines noires du Darfour par les milices arabes soutenues par le gouvernement.
Les 7000 soldats de l'Union africaine, déployés sur un territoire grand comme la France, ne peuvent pas protéger les populations civiles en n'ayant qu'un mandat d'observation et de surveillance du cessez-le-feu, mis en place par un accord de paix d'Abuja très discuté.
Dans ces conditions, la situation humanitaire ne cesse d'empirer : les 2 millions de déplacés qui vivent dans les camps continuent d'être attaqués par les milices Janjawid, et parallèlement, depuis mai 2006, les seules rations de nourriture qui leur parviennent du PAM (Programme Alimentaire Mondial) sont diminuées de moitié, faute de financements.
Soutenu militairement et financièrement par la Chine et la Russie, le gouvernement soudanais considère qu'une force de l'ONU violerait sa souveraineté. Malgré l'attitude de ces 2 membres permanents du Conseil de Sécurité, si les autres Etats membres comme l'Angleterre en ont la volonté politique, ils ont le pouvoir d'imposer l'envoi de forces d'interposition de l'ONU sur le terrain, comme ce fut le cas au Kosovo.
Pour cela, il faut que la France appuie fortement la résolution du Conseil de Sécurité visant à l'intervention pour la protection des populations.